Les ancêtres du Pitt Bull
Les Bulldogs étaient agressifs envers les autres animaux, mais étaient souvent utilisés par paires pour le combat contre les taureaux et en meute pour la chasse. Ainsi, l'agression contre les autres chiens n'était pas un trait de caractère spécifique au Bulldog.
Beaucoup d'attention fut portée au Bulldog de l'époque à cause des sports de combats, la littérature à son sujet faisant le plus souvent mention des combats contre les taureaux. En réalité, si le combat contre les taureaux était à ce point évoqué lorsqu'on parlait du Bulldog, c'est principalement parce que ce sport était très largement relayé par les médiats et par les lois qui l'entouraient. La vérité était probablement moins sensationnelle. La plupart des chiens étaient utilisés pour le travail, alors qu'une petite partie était utilisée pour les combats.
Lors des combats, qui s'apparentaient plus à un moyen de gagner de l'argent grâce aux paris qu'à un véritable sport, les chiens devaient avoir une prise sur le taureau et ne plus le lâcher. Le gagnant était celui qui parvenait à éviter les coups de pieds et de cornes du taureaux et à tenir sa prise le plus longtemps. Les meilleurs chiens tenaient leur prise jusqu’à ce que le taureau s'effondre d'épuisement. Les chiens étaient souvent projetés en l'air, provoquant des fractures des pattes, du dos ou du crâne au moment où ils touchaient le sol. Les histoires de chiens aux multiples fractures tentant de retourner vers le taureau victorieux en rampant sont légion. Mais dans l'ensemble, les chiens et le taureau souffraient énormément.
De plus en plus de voix s'élevèrent contre ces combats. L'argument servi au public comme quoi le combat rendait la viande plus tendre avant l'abattage permit de repousser une éventuelle législation en la matière. Mais en 1835, le Parlement fut forcé de bannir ce sport et d'édicter une loi.
Le Pit Ratting était une autre activité autour de laquelle les paris florissaient. L'arène était une sorte d'enclos fermé de six pieds sur six, avec des murs en bois. Les chiens devaient tuer un maximum de rats en temps donné. Divers types de chiens participaient à ce sport : des Terriers pour les plus petits et des Bulldogs pour les plus gros. Ainsi, il semblerait que le Pit Ratting ait contribué à l'apparition des Half and Half (moitié Terrier, moitié Bulldog) qui devinrent rapidement très populaires. Les races considérées comme la partie « Terrier » des Bull and Terrier sont le White English Terrier (race éteinte), ainsi que sont descendant, le Black and Tan Terrier, connu actuellement sons le nom de Manchester Terrier et le Fox Terrier. Il est probable que des terriers d'Écosse aient également participé à ce mélange, car le Pit Ratting était très populaire dans cette région notamment aux environs d'Aberdeen.
Origines:
Alors que les combats contre les taureaux disparaissaient peu à peu suite à la loi de 1835, les gens commencèrent à se tourner vers les combats entre chiens et portèrent leur choix sur le Bulldog. La sélection donna naissance à un Bulldog plus belliqueux envers les autres chiens, de plus petite taille et plus agile, afin d'être plus performant dans l'arène. Alors que le Bulldog était aimé pour sa puissance et son gabarit, il manquait d'agilité et était trop grand. Ainsi, les croisements entre les Bulldogs et les Terriers commencèrent probablement à cette époque en Grande Bretagne. Ces croisement donnèrent naissance à des chiens connus sous les noms de Bull and Terrier, Half and Half et Pitt Terrier. Les passionnés de combats sélectionnaient des chiens en testant seulement leur habilité au combat, tandis que le Bulldog original était toujours très populaire dans les fermes et continuait à être sélectionné pour les tâches qu'il avait l'habitude d'accomplir jusqu'ici. Les dogmen de l'époque ne recherchaient pas des chiens de pure race mais des chiens ayant des capacités au combat. C'est pourquoi les chiens étaient sélectionnés sur leur origines(croisement) et non sur leur pedigree.
A ce stade de l'histoire, il faut savoir qu'il existe deux écoles. La deuxième version, exposée notamment par Richard Stratton, pose la question de savoir pourquoi avoir dilué le sang du chien de combat parfait avec le sang des Terriers, dépourvus de gameness. L'argument classique est de dire que le sang de Terrier augmente l'agilité et diminue la taille. Cependant, le travail demandé aux Bulldogs nécessitait déjà de l'agilité et de l'habileté afin d'éviter les coups portés par le taureau. La taille et la physionomie des Bulldogs étant relativement hétérogènes, il n'aurait pas été très difficile de diminuer la taille des chiens pour qu'ils soient plus compatibles avec l'arène. En examinant certaines représentations artistiques de l'époque, on peut clairement s'apercevoir que les Bulldogs ne différaient que très peu de nos Pitt Bulls actuels. C'est pourquoi, de l'avis de certains, le Pitt Bull moderne est principalement issu des anciens Bulldogs. Ils attribuent la croyance populaire selon laquelle du sang de Terrier à été ajouté au Bulldog à un confusion avec l'histoire de l'English Bull Terrier, qui est une race totalement distincte mais dont le passé est extrêmement bien documenté.
Ces chiens de combat furent importés en Amérique par les immigrants britanniques et irlandais à la fin des années 1800 et utilisés de la même manière qu'ils l'étaient en Grande-Bretagne. Alors que le cheptel resté en Grande-Bretagne allait évoluer afin de devenir l'actuel Staffordshire Bull Terrier (reconnu en 1935 par le Kennel Club britannique), l'Amérique était le terrain rêvé pour le développement du chiens de combat ultime. Les Bull and Terrier commencèrent alors à être sélectionnés pour leur aptitude au combat, leur implacable bravoure, une résistance extrême à la douleur, leur flexibilité, la volonté inébranlable de combattre jusqu’à la fin et leur inégalable tendresse envers l'être humain. Si ce dernier trait de caractère était aussi important pour les dogmen de l'époque, c'est bien évidemment afin d'obtenir des chiens facilement manipulables alors même qu'ils étaient épuisés et surtout en train d'endurer des souffrances extrêmes dues aux blessures infligées lors des combats. Les chiens qui n'étaient pas aptes au combat ou qui montraient le moindre signe d'agressivité envers l'être humain étaient tués ou tout du moins écartés de la sélection. Bien qu'on ne saura probablement jamais avec une totale certitude quelles sont les races qui ont conduit à la création de l'American Pitt Bull Terrier moderne, il convient encore une fois de rappeler que ces chiens ont toujours été sélectionnés sur leur tempérament et non sur leur apparence. Par le biais d'une sélection intensive sur les traits mentionnés plus haut, ces chiens sont les fondements de l'American Pitt Bull Terrier, tel que nous le connaissons actuellement lorsqu'il est élevé et sélectionné comme il se doit.
A cette époque, les Pitt Bulls étaient de taille bien plus petite que ceux que nous pouvons rencontrer de nos jours. En effet, leur poids excédait rarement 25 livres. De 1900 à 1975, on peut penser que la taille moyenne a légèrement augmenté. Cependant, c'est surtout depuis que le Pitt Bull n'est plus utilisé comme chien de combat que sa taille a considérablement augmenté, notamment à cause d'éleveurs néophytes qui, dans les années 1980, ont profité de l'effet de mode suscité par le Pitt Bull et répondu à une demande pour des chiens de plus en plus gros.
Alors que l'Amérique prospérait, le Pitt Bull se développait. Comme le Bulldog, il était également utilisé pour la chasse, la garde de troupeaux, le weight pulling et simplement comme compagnon fidèle et loyal. Il était l'une des races les plus populaires, le chien chéri de l'Amérique, admiré, respecté et aimé.